Clipping de Relações Internacionais

Barack Obama appelle à un nouveau modèle énergétique aux Etats-Unis

Posted in Américas, Energia & Recursos, Meio-Ambiente by Larissa Sauer on 17/06/2010

LEMONDE | 16.06.10 | 15h47  •  Mis à jour le 16.06.10 | 15h48

Langage de commandant en chef, costume sombre, Barack Obama a présenté mardi 15 juin aux Américains son “plan de bataille” contre la marée noire, lors de son premier discours dans le bureau Ovale, un décor généralement réservé aux annonces douloureuses et aux crises graves.

Deux mois après le début de la catastrophe, le président américain a tenté l’impossible : rassurer ses compatriotes tout en ne cachant pas que “l’épidémie” va durer encore plusieurs mois. Quelques heures avant le discours, le gouvernement avait rendu publiques de nouvelles estimations des quantités de pétrole qui s’écoulent dans la mer : ce ne sont plus 5, 10 ou 20 000 barils par jour mais de 35 000 à 60 000 barils – dont 15 000 seulement sont pompés pour l’instant par BP et stockés sur des navires. Le comité de scientifiques chargés d’évaluer le flot de pétrole a eu accès à de nouvelles données, révisant les chiffres à la hausse. Deux mois après l’incendie, BP a accepté de faire descendre des capteurs autour de la fuite.

A la veille de recevoir mercredi à la Maison Blanche les deux principaux responsables de BP, Carl-Henric Svanberg et Tony Hayward, pour leur demander de mettre en place un fonds d’indemnisation pour les personnes et les entités lésées, le président a pointé l’“irresponsabilité” de la compagnie. Dénonçant la “philosophie” qui voit toute régulation “avec hostilité”, il a indiqué que la marée noire avait constitué une “leçon” : “Nous avons besoin de meilleures réglementations, de meilleurs standards et d’une meilleure surveillance des forages offshore”.

M. Obama a indiqué qu’il souhaite aller “au-delà de la réponse à la crise du moment” et aider durablement les habitants du golfe dont le mode de vie est menacé. Il a annoncé le lancement d’un “plan de restauration du golfe”, qui répondra aux “décennies de dégradation de l’environnement qui ont abouti à la disparition des marais”. Ces grands travaux devront être discutés par “les collectivités locales, les pêcheurs, les tribus, les entreprises, les écologistes”, a-t-il dit.

Le président a consacré presque un tiers de son intervention à plaider pour un régime énergétique différent : “Le temps des énergies propres est venu”, a-t-il expliqué, rappelant que les Etats-Unis consomment 20 % de l’énergie mondiale tout en n’en produisant que 2 %. Il a comparé la réduction de la consommation de pétrole aux Etats-Unis à d’autres grands chantiers du passé, comme l’envoi de l’homme sur la Lune ou la mobilisation pour la seconde guerre mondiale, et appelé ses compatriotes à s’engager dans cette “mission nationale”.

M. Obama a rappelé que la réforme de l’énergie, passée par la Chambre des représentants en 2009, attend toujours au Sénat. Les écologistes ont remarqué qu’il n’avait pas mentionné l’idée d’un marché d’émissions ou d’une taxe carbone, une manière de montrer aux républicains qu’il est prêt à faire des compromis.

L’intervention avait été bien préparée. Mardi après-midi, pendant cinq heures, les deux “incorruptibles” de la commission de l’énergie et du commerce Henry Waxman et Ed Markey, qui ont forcé BP à diffuser les images de la fuite, ont passé au gril le directeur de BP Etats-Unis, Lamar McKay, et les responsables de Chevron, Conoco, ExxonMobil, et Shell. Ils ont évoqué les négligences grossières que leur enquête a mises au jour. Dans son plan d’urgence, BP se déclarait en mesure de faire face à une marée noire de 250 000 barils par jour et s’engageait à assurer la protection des morses, entre autres animaux. “Il n’y a pas de morses dans le golfe du Mexique, a asséné Ed Markey. Et depuis trois millions d’années.”

Les autres compagnies ont tenté de se désolidariser de BP. “Nous n’aurions pas percé le puits de la manière dont ils l’ont fait”, a assuré Rex Tillerson, d’Exxon Mobil. Mais Ed Markey a montré que leurs plans de secours étaient “pratiquement identiques et tout aussi déficients”. Comme BP, trois autres compagnies se proposaient de protéger les morses du golfe du Mexique et deux renvoyaient pour plus d’information à un scientifique, mort depuis 2005.

Henry Waxman espère faire payer les compagnies pétrolières, comme il l’avait fait pour les manufactures de tabac dans les années 1990. Mais le Congrès est loin d’être acquis à une réforme du secteur de l’énergie qui comprendrait un système de marché d’émissions, ou une tentative de mettre un prix sur le carbone. Le sénateur républicain modéré, Richard Lugar, a présenté un plan qui ne comporte pas de prix sur le carbone. Pour la plupart des républicains, l’urgence est d’abord d’arrêter la fuite et de “boucher le trou”.

Corine Lesnes
 
 
Acesso em: 17/06/2010

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